Jean-Pierre Panhaleux. « La crise est durement ressentie par les
entreprises du département. Le bâtiment souffre en particulier de la
baisse de la construction neuve. En un an, les permis de construire ont
chuté de 30 %. Comment le Conseil général peut-il aider ce secteur ? »
Jean-Louis Tourenne.
Nous avons décidé de maintenir un haut niveau d’investissement,
supérieur de 25% à la moyenne des années précédentes, de l’ordre de 220
millions d'euros. Nous agissons également sur le levier du logement
social. En 2008, 3000 logements sociaux ont été construits et 3150 le
seront en 2009. Nous consacrons plus de 5 millions d’euros aux
opérations de rénovation urbaine du secteur rennais et plus de 1,5
million d’euros à celles du secteur de Saint-Malo. Des dispositifs
nouveaux vont permettre de favoriser l’accès des jeunes au logement
(prise en charge des cautions et des deux mois d’avance de loyer). Nous
accompagnons aussi la mise en oeuvre du Pass foncier qui permet de
devenir propriétaire en remboursant d’abord la maison puis le terrain.
Nous rachetons aussi des programmes de promoteurs privés, au prix HLM,
pour faire du logement locatif social public. Conscient des difficultés
de trésorerie des entreprises, le Département a également raccourci ses
délais de paiement qui passent de 45 à 30 jours et verse un forfait de
15% au démarrage du chantier.
Jean-Pierre Panhaleux. «
Les difficultés d’un secteur-clé comme l’automobile ont aussi des
effets en chaîne sur l’économie locale, donc le bâtiment. Comment
réagissez-vous ?»
En quatre ans, 7 500 emplois ont disparu
dans ce secteuren Ille-et-Vilaine. Malgré tout, le solde net de
créations a été de plus de 22 000 sur la même période. Nous misons sur
la recherche, l’innovation, les transferts de technologie : avoir
toujours une longueur d’avance sur la concurrence internationale. Il
faut inventer la voiture propre ; nous y contribuons. Nous continuons à
diversifier notre économie. En réalisant une plateforme logistique, par
exemple. Nous avons connu des déboires avec notre projet mais nous ne
renonçons pas. Il faut éviter que des camions circulent sur de folles
distances, surtout avec la perspective d’une taxe transport. Et ce sont
des milliers d’emplois à la clé, emplois dont nous aurons bien besoin.
Jean-Georges Kergosien.
« Quand le Conseil général vient en aide financièrement à PSA ou à
toute autre entreprise, quelle garantie a-t-il qu’elle reste dans le
département ? »
L’entreprise s’engage à rester au moins dix ans en Ille-et-Vilaine. Le
Département récupère sa subvention si elle licencie ou déménage. Nous
contrôlons aussi que les entreprises qui se sont engagées à créer des
emplois le fassent. Et nous l’avons fait à plusieurs reprises.
Jean-Georges Kergosien. « Soutenir l’économie c’est important,
mais en temps de crise, ce sont les plus fragiles qui sont
immédiatement frappés. Comment comptez-vous les aider ? »
Les crédits en faveur de l’insertion, le fonds de solidarité pour le
logement, les secours d’urgence et les allocations mensuelles pour les
familles en difficulté ont augmenté. Nous poursuivrons aussi notre
politique de contrats aidés : CI-RMA pour le secteur marchand et
contrats d’avenir pour le secteur non marchand, notamment dans
l’Education nationale. Ils sont tous deux une importante source
d’emplois.
Michelle Clouet. «
Ces dispositifs jouent un rôle important surtout pour ceux qui sont
très éloignés de l’emploi comme c’est le cas dans les chantiers
d’insertion. L’idéal reste la création de nouveaux emplois…»
En créant ou autorisant 1 000 places d’accueil en établissement pour les personnes âgées et 984 places pour les personnes
handicapées, nous avons permis aussi la création de 1500 emplois. Nous
finançons également 270 emplois associatifs pour pallier le
désengagement de l’Etat sur les emplois jeunes. L’emploi a toujours été
une priorité pour nous. Rappelons que nous
avons l’un des plus bas taux de chômage de France même si un département créateur d’emploi comme le nôtre est plus exposé.
Jean-Georges Kergosien. «
Nous sommes très inquiets pour les jeunes. S’ils ne peuvent pas accéder
à l’emploi, comment peuvent- ils se représenter l’avenir ? »
Je partage vos inquiétudes. C’est tout l’enjeu de la politique
d’égalité des chances qui fonde notre action depuis 2004. Ce sont les
actions en faveur des collégiens pour favoriser leur réussite, Ordi 35,
la plateforme des métiers Orientibus… En faveur des jeunes : aide au
permis de conduire, création de postes de coordinateurs socioculturels,
accès facilité au logement donc à l’autonomie… L’objectif, c’est
d’apporter à chaque jeune les moyens de déterminer son projet d’avenir.
C’est ainsi qu’on peut le
mieux préparer le futur.