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  • Numéro spécial sur la réforme des départements
 

Réforme de la fiscalité locale : le Département contraint de tailler dans le vif


 
 
  • Des décisions dès maintenant

Lors de la session extraordinaire du 27 novembre, l’Assemblée départementale a pris plusieurs mesures drastiques :

réduction de 30 % de toutes les subventions de fonctionnement aux tiers publics (communes, établissements publics de coopération intercommunale, syndicats intercommunaux…) ;

• réduction de 20 % de toutes les subventions de fonctionnement aux tiers privés (associations, entreprises, particuliers…) ;

• moratoire sur les subventions d’équipement dans le cadre du guide des aides (paiement des dossiers ayant fait l’objet d’une décision en commission permanente au 31 décembre 2009 mais aucun engagement sur de nouveaux dossiers en 2010).

Ces réductions s’appliquent tous dispositifs confondus, hors engagements chiffrés pluriannuels ou pris dans le cadre des contrats de territoire 2006-2009.

  • Des mesures sans précédent

Crise économique, réforme de la fiscalité locale, projet de réforme des institutions : aujourd’hui les collectivités locales sont confrontées à de grandes incertitudes sur leur avenir financier.
Le Conseil général d’Ille-et-Vilaine, comme beaucoup d’autres départements, voit sa situation financière gravement fragilisée.
Afin de faire face à cette situation, il a dû procéder à des coupes claires dans son budget.
La loi de finances votée par le Parlement s’appliquera dès le mois de janvier 2010. Mais le Département a voulu alerter à l’avance ses partenaires de l’impact de cette réforme sur leur budget 2010.

A noter : Chaque structure concernée par les baisses de subventions départementales sera accompagnée pour réorganiser ses projets.

  • Pourquoi cette situation ?

La réforme de la fiscalité locale change la donne. Les Départements vont perdre en 2010 et 2011 la taxe professionnelle, la taxe sur le foncier non bâti et la taxe d’habitation. Soit une grande partie de leur autonomie.
Le nombre de charges et de politiques transférées par l’Etat, sans compensation financière, atteint 91 millions d’euros.

Le Département doit donc trouver :

• 20 millions d’euros supplémentaires en 2010 ;

• une quarantaine en 2011.

Et plus les années suivantes.


  • Près de 20 millions d’euros « d’amputations » dès 2010

Les premières mesures de réduction des subventions ont été décidées lors de la session extraordinaire du Conseil général le 27 novembre dernier. Elles s’appliqueront dès janvier 2010.
Des propositions d’élagage sur les politiques menées directement par le Département seront faites à l’Assemblée départementale au cours de la session du vote du budget primitif (du 24 au 26 février 2010).

  • Le refus du renoncement

Ces coupes claires ne remettent en cause les fondamentaux du Projet Stratégique Départemental de la majorité, un projet qui a rencontré par deux fois l’adhésion des habitants d’Ille-et-Vilaine.
L’engagement politique du Conseil général repose sur l’idéal d’une société harmonieuse où chacun disposerait de ce dont il a besoin pour construire et réussir sa vie.
Cet objectif demeure en période de crise plus que jamais d’actualité.
Le Département va concentrer ses efforts sur les publics prioritaires, sur ceux qui ont moins ou qui souffrent les premiers de la crise et ont besoin de la solidarité collective.

 
 
 
 
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Mieux comprendre


1. Le Département : un budget principalement dédié à des compétences obligatoires


Le vieillissement de la population et la prise en charge de la dépendance entraînent pour les Départements des dépenses qui augmentent chaque année, bien plus rapidement que leurs recettes (+ 6 à 8 % par an).
Les Départements ont donc un budget « contraint » sans comparaison avec celui des Régions ou des communes.
En Ille-et-Vilaine, sur 668 millions d’euros de budget de fonctionnement, seuls 100 millions d’euros ne sont pas affectés à des compétences obligatoires. La marge de manoeuvre du Conseil général, à l’instar de tous les Départements français, est donc très faible.


2. Des collectivités bien moins endettées que l’Etat

En Ille-et-Vilaine comme partout ailleurs, le budget 2010 sera équilibré.
A la différence de l’Etat, les collectivités locales ont l’obligation de présenter et d’adopter un budget en équilibre.
Le budget de l’Etat sera lui en déficit de 125,8 milliards d’euros…
Entre 1982 et 2010, la dette de l’Etat est passée de 20 % à 84 % du Produit intérieur brut (PIB).
Celle des collectivités locales est restée constante à 7% du PIB.
A noter : le produit de l’impôt sur le revenu ne sert plus qu’à payer les intérêts de la dette de l’Etat.